«Nous voulons bâtir un partenariat stratégique avec l’Algérie»
Une campagne publicitaire ciblant la clientèle algérienne a été lancée offrant une variétés de produits
«Nous voulons bâtir un partenariat stratégique avec l’Algérie, un partenariat qui fonctionne dans les deux sens, de sorte que les Tunisiens puissent aller passer des vacances en Algérie. Notre vision est positive, on ne fait pas de protectionnisme. Nous voulons que ce soit un partenariat de professionnels, non d’institutionnels. La volonté de concrétiser ce partenariat mutuellement bénéfique absent par le passé existe bel et bien aujourd’hui. Le tourisme doit être un puissant levier pour l’édification du Grand Maghreb arabe», a souligné vendredi dernier M. Afif Maherzi, directeur général adjoint à l’ONTT (Office national du tourisme tunisien)lors d’un point de presse organisé au siège du ministère du Tourisme à Tunis, à l’intention du groupe de journalistes algériens (quelque 25 journalistes) invités du voyage de presse initié par l’ONTT.
Ce projet louable demande sans doute des efforts de part et d’autre et a
besoin de toute évidence, pour convaincre, de quel-ques mesures
audacieuses au plan législatif, du financement des projets, etc. Pour
l’heure, les préoccupations urgentes con-sistent à sauver une saison
touristique sur laquelle pèse une lourde hypothèque du fait de la
défection d’une partie importante des contingents de touristes
européens. Une campagne publicitaire agressive ciblant la clientèle
algérienne a été lancée, mettant à contribution tous les médias (presse
écrite, radio et télévision).
Les voyages de presse (on en est au deuxième du genre) destinés à
diffuser des informations « objectives » sur les réalités du tourisme en
Tunisie à l’heure de la transition démocratique après la Révolution du
14 janvier sont appelés à se renouveler.
La chaîne Nessma TV va diffuser des spots dès aujourd’hui, et les radios
se mettront également de la partie pour séduire la clientèle algérienne
en vantant les charmes des séjours en ces lieux mythiques qui furent le
berceau de la civilisation carthaginoise.
Le budget consacré à la promotion a été multiplé par cinq. « La
clientèle algérienne n’est pas appréhendée comme solution de rechange
face à la défection de la clientèle européenne. Il s’agit d’une nouvelle
vision, d’un recentrage de la politique touristique tunisienne qui a
besoin d’actions pour une redynamisation de révision de certains choix,
choix de marchés, de produits. Le ministre du Tourisme tunisien a
effectué récemment une visite à Alger, et le stand tunisien a mis le
paquet durant le dernier Salon international du tourisme à Alger
(SITEV).
A l’endroit de la clientèle algérienne, la vision superficielle qui a
prévalu par le passé cède la place à une relation en profondeur qui
s’inscrit dans la durée, note M. Maherzi. La question de la sécurité
dans le contexte de la Tunisie nouvelle qui a mené la Révolution n’est
pas reléguée au second plan dans le débat. On peut dire que la situation
au plan de la sécurité est maîtrisée, dira le responsable de l’ONTT.
La sécurité s’est sensiblement améliorée. Les efforts des services de
sécurité ont permis d’arrêter les auteurs d’agressions. Les violences
n’ont pas touché les touristes. Le peuple tunisien a un regard positif
sur le tourisme. Il y a un plan sécuritaire qui concerne toutes les
régions du pays et particulièrement la sécurité des touristes.
Depuis 4 ou 5 ans, des efforts sont fournis pour améliorer les points de
passage aux frontières terrestres et maritimes dans le sens de leur
modernisation et pour alléger les procédures. Les rumeurs prétendant que
des barbus s’attaquent à des hôtels et agressent les touristes sont
sans fondement, observe M. Faouzi Basly, responsable à l’ONTT. Ces
rumeurs qui sont colportées ça et là sont fantaisistes, c’est de la
science-fiction, dira-t-il. La route est sécurisée grâce à plusieurs
barrages où sont déployées nos forces de sécurité comme ont pu le
constater les journalistes ayant fait le voyage avec nous par voie
terrestre il y a dix jours, note M. Basly. S’agissant des offres
promotionnelles, notamment en cette période de vaches maigres,
M. Maherzi fait remarquer que le touriste algérien doit savoir qu’il y a
plusieurs produits touristiques qui lui sont proposés : tourisme
ordinaire, culturel, tourisme de cure (thalassothérapie) avec des
prestations diversifiées selon le standing des établissements hôteliers
(haut de gamme, cinq étoiles...), le package des services choisis. Il y a
des réductions sur les prix évidemment et des promotions, notamment
pour les visites en groupe. Les offres peuvent être améliorées. Un
programme qualité totale est mis en œuvre où l’accent est mis sur le
traitement individualisé, le souci d’offrir des services de qualité, de
veiller à la sécurité.
Malgré les pertes estimées cette année à 40% des revenus (le tourisme en
Tunisie rapporte quelque 2,5 milliards de dollars bon an mal an), nous
gardons l’espoir de sauver la saison, relève M. Maherzi. La saison
touristique en Tunisie s’étend jusqu’au mois d’octobre et les touristes
n’ont pas encore pris de décision pour la plupart. Le tourisme tunisien a
ses spécificités pour réussir même si des pays concurrents prendront
leur part. Nous ne craignons pas la concurrence des voisins, a tenu à
souligner M. Maherzi.
M. BRAHIM
El moudjahid 11/06/2011

