Les deux millions d’émigrés algériens qui rentrent chaque année en Algérie pour la saison estivale constituent un enjeu pour les compagnies aériennes.
Quand on parle des vacances, il faut tout de suite penser à la communauté algérienne qui vit en France, car elle est nombreuse et la plupart des émigrés aiment passer les vacances de l’été au pays. Et c’est ainsi que chaque année, le même problème ressurgit . La réservation des billets, les queues interminables, les bousculades… sont devenues monnaie courante. Pourtant, les autorités algériennes se disaient prêtes à accueillir nos ressortissants, et dans de très bonne conditions. Cette année, on a même fait très fort en accordant des réductions substantielles pour certaines catégories de voyageurs. En effet, le 2 avril dernier, Air Algérie avait signé une convention avec le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Communauté nationale à l'étranger, pour réduire les tarifs des billets d'avion aux ressortissants algériens à faible revenu et faciliter leur déplacement vers leur pays d'origine. Ces réductions, applicables exceptionnellement sur le réseau France de la compagnie nationale dans le sens France-Algérie, sont de 48% pour les familles, de 45% pour les seniors et de 40% pour les jeunes. Voulant faire mieux que les autres intervenants, concurrence oblige, la compagnie nationale a également prévu des réductions allant de 50 à 60% pour toute personne désirant se rendre dans les pays d’Europe occidentale. Cette offre promotionnelle qui est en vigueur depuis mai, s’étendra jusqu’au mois d’août, soit durant la période estivale. Avec ces deux offres promotionnelles, Air Algérie semble vouloir ratisser large en termes de flux de voyageurs et ainsi damer le pion à une concurrence qui, faut-il le relever, ne reste pas les bras croisés. Après les remises annoncées au début de l’année par Air France et la compagnie allemande Lufthansa, Aigle Azur a cassé, à son tour, les prix sur la destination Algérie pour justement convaincre les voyageurs les plus récalcitrants. Aigle Azur, compagnie aérienne du groupe Gofast, a décidé, en perspective de la saison estivale, de renforcer ses dessertes entre l’Algérie et la France, à hauteur de 30% par rapport au programme d’hiver de cette année. Il s’agit, entre autres, du renforcement des lignes Paris-Oran (2 vols par semaine), Lille-Oran (1 vol par semaine), Annaba-Paris (4 vols par semaine). Aussi, cette compagnie lance des tarifs attractifs pour le mois du Ramadhan à partir de 209 euros TTC (aller/retour) au départ de Mulhouse, Lille et Paris, 199 euros TTC au départ de Lyon et Toulouse et 189 euros au départ de Marseille. Cette offre est valable du 25 mai au 5 juin pour des voyages effectués du 5 août au 29 septembre 2009. Toutes ces annonces faites sur les dispositions arrêtées pour la meilleure prise en charge possible des émigrés, auguraient d’une saison estivale de tout repos. Cependant, à mi-parcours, force est de constater qu’il n’en est rien. L’annonce de la signature de la convention entre Air Algérie et le ministère de la Solidarité nationale avait été accueillie avec une grande satisfaction par notre communauté établie à l'étranger. Seulement, le constat sur le terrain a été tout autre, selon de nombreux émigrés. Voulant profiter de l'aubaine, pour un déplacement en famille vers l'Algérie, bon nombre de nos concitoyens établis en France affirment que ces réductions n'ont pas été appliquées. Par ailleurs, le sempiternel calvaire des embarquements incertains reste de mise. Le refus d’accorder des vols supplémentaires des deux côtés, aussi bien algérien que français, a perturbé le programme estival des transporteurs. C’est ainsi qu’en juin dernier, des vols supplémentaires d'Aigle Azur n'ont pas pu décoller de Paris en direction des aéroports algériens, faute d'autorisations de la Direction de l'aviation civile (DAC). Cette dernière avait refusé de lui délivrer les autorisations à la dernière minute. Air Algérie a subi à son tour le même traitement en voyant sa demande de rajout de vols demeurer sans réponse. Même si, par la suite, tout le monde est revenu à de meilleurs sentiments, il n’en demeure pas moins que la seule et unique victime reste le passager. En juin, l’annulation par Aigle Azur de ses rotations sur Béjaïa et Oran, a laissé 650 passagers sur le tarmac.
Par : Saïd Smati
Liberté 19/07/2009

