Il faut parler de tourisme algérien au futur, mais dans un futur qui demeure incertain, au vu de ce qui se pratique sur le terrain comme projets touristiques. Pour résumer et refléter cette situation, il suffit de dire qu’il n’existe aucune structure hôtelière privée de 2, 3 et 4 étoiles sur tout le littoral algérien qui soit susceptible de figurer dans une brochure touristique destinée à l’international, pour vendre la destination Algérie. Les pouvoirs publics semblent avoir défini leur stratégie de développement touristique qui n’est pas étrangère au développement infrastructurel qui concerne tous les secteurs de la vie économique, mais ce qui peine à se concrétiser, c’est l’attractivité du secteur pour le capital privé et étranger. Hautement capitalistique, l’investissement dans le tourisme est concurrencé de manière déloyale par la rentabilité prohibitive de l’importation et de la spéculation dans le marché de l’informel.
Alors qu’il a besoin d’encouragements fonciers, financiers, fiscaux et d’autres dispositions de stimulation liées à la création de postes d’emplois permanents, le tourisme continue de faire du surplace dans les registres des bonnes intentions publiques, alors que d’autres créneaux ayant des retours d’investissements dignes du trafic de drogue, attirent le capital national, cela surtout que le profil de l’investisseur privé dans le domaine touristique est loin d’être incarné par l’investisseur type «bouchekkara» qui hante l’économie nationale de nos jours. Il se dit même que le tourisme est un secteur qui commencera à connaître un véritable développement, lorsque l’économie nationale aura épuisé l’exploration et l’exploitation, par les capitaux opportunistes, des créneaux de la transition économique dits à très fort potentiel de retour sur investissement. Malgré cela, il semble bien qu’il y ait un projet concret pour développer le tourisme.
Quelle différence peut-on relever aujourd’hui entre cette manifestation de volonté et les déclarations d’intentions antérieures qui avaient mobilisé autant d’énergie sans aboutir à des concrétisations sur le terrain ? La question est importante, car il s’agit désormais de réfléchir, avec des moyens financiers et des conditions de terrain propices à des réalisations formidables, des moyens qui n’avaient jamais été disponibles auparavant. La première question à poser et qui ne doit absolument pas être éludée, c’est de savoir si dans notre pays il existe réellement une activité touristique au sens industriel du terme. Une réponse négative à un niveau institutionnel responsable serait le premier pas vers la création d’un véritable tourisme en Algérie. C’est alors que le pourquoi devant ce constat permettrait de poser les véritables conditions d’un développement touristique, notamment à travers le dépassement du postulat-piège qui consiste à vouloir à tout prix que la beauté des paysages et leur diversité, au demeurant incontestables, soit la condition suffisante et nécessaire pour se permettre de crier sur tous les toits : nous sommes un pays touristique.
Par ailleurs, il y a plusieurs questions qui peuvent être suscitées par le simple fait d’évoquer le rôle d’un secteur comme le tourisme dans la vie économique et sociale de l’Algérie. Tout d’abord, la question essentielle : pourquoi devons-nous œuvrer à développer le tourisme en Algérie ? Qu’est-ce qui le permet et pour quelles finalités sociale et économique ? Et ensuite les autres : le tourisme a-t-il quelque particularité qui le distingue des autres secteurs ? Qu’apporte-t-il de plus ? Ce sont là autant de questions qui peuvent susciter de nombreuses réponses à même de donner une bonne lisibilité aux différents atouts du secteur touristique et de justifier le classement de son développement comme un axe prioritaire de la politique des pouvoirs publics. Pour répondre à ces questions, nous dirons de suite que l’Algérie est un pays à très fort potentiel touristique et les raisons qui permettent de l’affirmer sont de plusieurs ordres, notamment climatique, historique, panoramique, culturel et bien d’autres.
Nous parlons de potentiel, car au jour d’aujourd’hui, il demeure presque inexploité, dans l’attente d’une véritable industrie touristique qui offre aux touristes autre chose que la seule beauté virginale des paysages d’Algérie. Si, enfin, nous savons que nous pouvons développer le tourisme, nous savons également pourquoi nous devons le faire. C’est que le tourisme, par définition, doit impérativement offrir et proposer un niveau de décence sociale au touriste, qu’il soit national ou étranger. Un niveau de décence dont le standing peut aller très haut en adoptant un profil de grand luxe, ou encore un profil de classe moyenne. Mais jamais le tourisme ne peut se concevoir dans un espace en deçà de la décence que définissent des normes internationales et surtout pas dans l’insalubrité. Farès N.
La nouvelle république 28-07-2010
La nouvelle république 28-07-2010

