Saison estivale édition 2009 : pagaille
La majorité des Algériens ne pourront pas, encore une fois, partir en vacances.
Car les séjours proposés à l’intérieur
et à l’extérieur du pays restent
excessivement chers.
La Tunisie demeure néanmoins la destination préférée des couches moyennes. Un million d’Algériens s’y rendent chaque été. En effet, les hôtels et résidences du pays ne parviennent pas à soutenir la comparaison en termes de prix et de qualité de services. Ce déséquilibre en termes d’entrée et de sortie de devises est partiellement compensé par le flux d’émigrés qui visitent chaque année le pays. Là, également, en dépit de discours officiels rassurants, une partie des nationaux, résidant à l’étranger, a éprouvé des difficultés à décrocher un billet à destination de l’Algérie. Une situation anormale qui montre que les pouvoirs publics peinent à anticiper la forte demande et à répondre à temps à un flux plus important de voyageurs.
Dans cette désorganisation, l’insuffisant encadrement des agences de voyages offre un terrain propice pour les arnaques et à maints abus sur les droits de la clientèle.
Pour ceux contraints de rester chez soi, même les plages ne constituent pas forcément une solution de substitution, le transport reste
une aventure. Sur place, la sécurité et la propreté ne sont pas assurées, du moins
dans tous les cas. Phénomène social, les vacances en Algérie reflètent plutôt le fossé qui se creuse entre une masse de plus en plus grande d’Algériens en situation de survie, en proie aux frustrations et une minorité de nantis, à qui l’on propose aujourd’hui les destinations les plus exotiques : Thaïlande, Hawaï aujourd’hui, demain Maldives, les îles de Polynésie…
Pendant ce temps, pouvoirs publics et syndicats restent les bras croisés. Les premiers sont en panne d’idées. Les seconds ne semblent pas s’en préoccuper. Il suffit pourtant que les œuvres sociales soient mieux gérées pour que des millions de travailleurs puissent s’offrir des vacances en Algérie ou ailleurs.
Liberté 19/07/2009

