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Saison estivale 2009 Le tourisme à la croisée des chemins (III)

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A la sortie de Bouzedjar, une plaque indique la direction de la plage de Madagh, distante d’une dizaine de kilomètres. Madagh est une belle plage entourée par une foret. Elle est formée  de trois plages. En cette saison   estivale la réalisation d’une route a permis l’ouverture de Madagh II à la baignade.
  Tandis que Madagh I est convoitée par l’homme d’affaires Djilali mehri. Ce dernier s’est associé au groupe international accor, leader européen dans l’hôtellerie et le tourisme. Mehri veut construire sur cette plage un complexe touristique d’envergure international. Le coût de l’investissement avoisine les 600 millions de dollars. Le projet et pour le moment dans l’attente d’un feu vert des autorités algériennes concernées par ce secteur. Difficile de comprendre les lenteurs bureaucratiques qui retarde ce projet qui pourrait être considérés comme étant le premier par cette envergure dans le tourisme balnéaire dans notre pays.  Nous quittons le littoral est de la wilaya de Ain Témouchent en laissant derrière nous deux projets de fermes aquacoles  financer par les deniers publics qui sont toujours improductif et un projet touristique de 600 millions de dollars qui n’arrive pas à surmonter les blocages bureaucratiques.

Les plages cachées de Honaine
Direction les plages situées à l’ouest de Beni Saf. La route que nous empruntant pour aller à Honain, distante d’une trentaine de kilomètres de Rachgoun contraste avec celle qui mène à Madagh. La route nationale est étroite couverte d’un asphalte que les autorités devait changé depuis bien longtemps. Mais l’état de la route a tout de même quelque chose de positif. Il a épargné les plages de ce qui est connu ici sous le nom « de  pays des Oulhaça ». Ces plages sont Tafasout, Adia, Ouardania et Béni-Khaled. Pour accéder à ces plages il fallait à chaque fois quitter la route nationale et emprunter  des pistes carrossables longues parfois de plusieurs kilomètres. L’état désastreux du réseau routier dans  cette partie du littoral décourage énormément les estivant de fréquenter les plages de cette région. Toutes ces plages ont été épargnées par le béton et les différentes formes de pollution. L’eau est clair et transparente, l’air et pur et le calme règne en maître absolu des lieux. La plage d’El Ouardania, par exemple, est située dans une crique de plusieurs centaines de mètres de longueurs. L’histoire a laisse ici des traces indélébiles. Les ruines d’une cité construite par les Zianides sont toujours visibles. Ces magnifiques plages n’attendent que des investisseurs professionnels dans le tourisme pouvant  créer des sites  dont l’attrait la renommée  pourront  largement dépasser tout le pourtour  du bassin méditerranéen.
Tout au long de la route des dizaines de canalisation en fonte attendent d’être enfouies sous terre. A moins d’un kilomètre de la localité de Honaine, le gigantesque chantier de construction d’une usine de dessalement d’eau mer d’une capacité de 200 000 m3 par an. Les canalisation que nous avons vu tout au long de la route serviront à transporter l’eau de cette usine, une fois achevée, jusqu’à la ville de Tlemcen et de nombreuses autres localités. La wilaya de Tlemcen et à l’exemple d’Oran et de Ain Temouchent ont, depuis des années souffert des sécheresses à répétions entraînant un stress hydrique sans pareille dans  le pays. Pour mettre à l’abri cette région des pénuries chroniques d’eau potable les pouvoirs publics ont décidé de construire deux usines de dessalement d’eau de mer d’une capacité unitaire de 200 000 m3. . La première à Honaïne et la seconde à Souk Tleta. Nous pénétrons au village de Honaïne où nous sommes accueillis par des remparts, vestiges remontant à la période des  Almohades et Zianides.  Honaïne fut un important port commercial assurant les échanges de cette région avec l’Andalousie. La prospérité de ce port atteindra son apogée au XIVe et XVe siècles. Aujourd’hui, seuls les remparts témoignent de l’existence, jadis, d’une ville importante et prospère  qu’il fallait protéger par une grande muraille. Le prestigieux port commercial du XIVe siècle a été remplacé par un minuscule abri de pêche. Cet abri profite autant aux barques servant à la pêche artisanale qu’aux petites embarcations de plaisance. Juste à côté, une petite plage protégée par une falaise rocheuse est occupée par des dizaines d’estivants. Comme à Rachgoun nous nous demandons jusqu’à quand les vestiges de cette ville historique vont résister au laisser-aller des hommes. Et comment se fait-il  que la riche histoire  de cet ancien port du XIVe siècle n’est pas préservée dans un musée pour les générations futures. Malgré le poid s historique et le potentiel touristique de Honaïne, les autorités locales n’ont pas jugé utile d’inscrire le projet de modernisation de la route qui relie cette localité à la RN 35 reliant Oran à Tlemcen.
Nous quittons Honaïne à destination de Marsat Ben Mhidi, le fleuron du tourisme balnéaire de la wilaya de Tlemcen. Nous devons faire pas moins d’une centaine de kilomètres pour rejoindre Marsat Ben Mhidi. Nous empruntons la RN 07 qui passe par Maghnia.

Une région minée par la contrebande
 Tout au long de la route,  nombreux sont les points de contrôles  des différents services de sécurité et ceux des douanes. La frontière marocaine n’est pas loin. Cette région se distingue par une activité intense des contrebandiers. Mais ce qui nous a le plus frappé c’est cette ambiance particulière qui caractérise  les pompes à essence. Certaines sont fermées parce qu’elles sont à sec. Devant d’autres, une longue chaîne de véhicule se forme le temps d’attendre  le camion-citerne de Naftal, finir de remplir les cuves en carburants.
Enfin, il y a celles qui sont ouvertes et où l’automobiliste doit patienter un long moment pour remplir son réservoir. Ce décor nous accompagnera tout au long des cent kilomètres qui mènent à Marsat Ben Mhid. « Un intense trafic de carburant se déroule ici. Et les acteurs sont les conducteurs de vielles voitures dont les réservoirs ont été trafiquer pour contenir un maximum de carburant». Nous dira notre compagnon, originaire de la région. Ici on n’est nullement obliger de jouer à « Sherlock Holmes » pour débusquer les trafiquants. Tout au long du trajet on va croiser ces vielles Mercedes, ces Renault 21 et 25 ainsi que certains poids lourds qui préfèrent ce «  trafic » à une activité honnête. Nombreux sont ces « tacots » qu’on voit faire la queue devant les pompes à essence pour remplir leurs réservoirs de carburant. Le soir venu, ce carburant va se retrouver de l’autre côté de la frontière, au Maroc. Comme des fourmis, ces véhicules dont on a l’impression que certains sortent tout droit du célèbre film «  Mad Max » sillonnent quotidiennement les routes de la région en quête du précieux liquide. Pourtant, la majorité de ces tas de ferraille sont un danger pour les autres automobilistes. Difficile de croire que ces bagnoles sont passées par le contrôle technique des véhicules comme l’exige la loi. «  Ces Mad max » version algérienne sont responsables de beaucoup d’accidents de la circulation dans cette région.  C’est simple à comprendre. Ce trafic est très rentable.
Le litre de gasoil est quatre fois moins cher en Algérie qu’au Maroc ou en Tunisie. Tandis que l’essence est cinq fois plus chère. Si un contrebandier  arrive seulement à écouler cent litres de gasoil par jour au Maroc, il pourra réaliser au bas mot un bénéfice net de 3000 dinars par jour. Et ceci sans aucun effort en dehors de celui de faire la queue dans une pompe à essence, stoker le carburant dans un abri et la nuit tombée  le mettre sur le dos d’un âne et l’envoyer chez nos voisins marocains» nous dira notre compagnon. Evidemment, le plus grand perdant dans ce trafic reste le trésor public qui subventionne un carburant qui finalement traverse frauduleusement les frontières et permet à des contrebandiers de tout bord de se remplir les poches sans verser un  seul centime au fisc.
«La contrebande du carburant tout au long des frontières de notre pays ne cessera pas tant que les prix chez  nous restent inférieurs à ceux pratiqués chez  nos voisins marocains et tunisiens. Donc, l’Etat n’a pas beaucoup de solutions pour mettre un terme à ce  trafic. Où il augmente les prix des carburants pour les mettre au même niveau que nos voisins. Ce qui est impossible politiquement vu que notre pays est producteur de pétrole.
Ou prendre des mesures radicales envers les contrebandiers  pour les dissuader de continuer leur activité ». En attendant une solution à ce phénomène, les vieilles bagnoles des contrebandiers circulent librement et continuent d’écumer les routes et pompes à essence de la région.
Nous arrivons à hauteur du poste frontalier Akid Lotfi fermé depuis 1994.
(Suivra)
Reportage réalisé par Réda C.

La nouvelle république 15-09-2009


 
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