Les procès d’un devoir religieux
Nous sommes maintenant à quelques jours du ramadhan. Sans aucun doute, ce devoir religieux qui coïncide avec la saison estivale ne passera pas sans avoir des répercussions sur les jeûneurs ainsi que sur les recettes des hôtels et les complexes touristiques.
Accorder entre religion et vacances ne sera guère une mission facile. Entre la plage, la distraction, le repos et la saison estivale il y de multiples histoires d’attachement et de cohérence. Le hasard des dates qui rassemblera dans quelques jours le ramadhan avec la saison estivale, fera d’un devoir religion une dure épreuve. Ceux qui sont habitués à finir leurs vacances en bord de mer, devront répondre à l’appel de l’obligation religieuse. Les programmes et les habitudes seront révisés pour une adaptation qui respectera les conditions du jeûne selon la religion musulmane. Les habitués des plages, par exemple, écourteront leur séjour par obligation religieuse, du moment qu’un jeûneur ne pourra pas nager, risquant de boire la tasse... En outre, les familles qui passent leurs vacances à l’étranger devront ranger leur bagages et rentrer, probablement quelques jours avant le début du ramadhan pour se préparer à la tradition religieuse. Beaucoup d’émigrés, par contre, profiteront bien de la coïncidence des premiers jours du mois avec leur présence en Aslgérie. Ils jeûneront avec leurs familles et leurs proches, ce qui donnera un goût spécial à leur ramadhan. Le ramadhan ne touche pas seulement les habitués des plages et les familles qui se mobilisent pour le meilleur accueil d’un mois qui a son poids et sa valeur religieuse dans la société musulmane. Le secteur du tourisme, pour sa part, sera affecté par une perturbation officielle provoquée par le ramadhan. Puisque ce dernier constitue un «opposant» à la saison estivale. Jeûner est une épreuve qui ne rime pas avec les plages et la jouissance estivale, d’autant plus que les ménages n’auront pas le choix de consacrer leur budget à autre chose que le ramadhan et la rentrée sociale. C’est le secteur du tourisme qui payera cher le procès de la coïncidence. C’est une nouvelle expérience à laquelle les professionnels et responsables prévoient de mauvaises répercussions sur l’équilibre financier des activités touristiques. C’est la contrainte qui a mobilisé d’ailleurs les responsables du secteur afin de réduire l’éventuel handicap qui perturbera leur recette financière. Pour apaiser le manque à gagner, des complexes touristiques et des hôtels ont opté pour des réductions de tarifs et des promotions exceptionnelles pendant le mois de ramadhan. C’est le cas de l’Entreprise de gestion touristique de Sidi Fredj, qui s’occupe de la gestion des hôtels El Marsa et El Manar, le complexe Casif et un club de vacances toujours à Sidi Fredj, qui s’est mobilisée pour un programme d’animation et de soirées musicales du Casif pour encourager les sorties ramadhanesques nocturnes. Les responsables ont décidé, également en prévision du ramadhan, une réduction de 70% à partir du 16 août prochain. C’est une stratégie qui vise à faire adapter ses tarifications aux exigences du mois et à se conjuguer avec les perturbations qui se profilent. Ramadhan, saison estivale et tourisme ne sont pas de bons amis, mais devront jouer sur un seul stade durant plusieurs semaines. L’épreuve sera difficile sur plusieurs registres et le passage sera cédé à l’expérience spirituelle.
Yasmine Ayadi
Yasmine Ayadi
Le jour d'Algerie 12/08/2009

